Tout le monde adore Jean Jaurès. Il est devenu une figure mythique. Mais, c'est difficile de se sentir proche d'un mythe. Pourtant il a écrit des choses assez justes, notamment sur le "courage de diriger" :
"Il n'y a de classe dirigeante que courageuse. À toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l'acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité, en prenant pour soi les dangers."
Je suis sans doute injuste mais je n'ai pas l'impression que Ségolène Royal soit capable d'un tel courage.
Monday, September 11, 2006
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2 comments:
Je ne sais pas quel courage particulier il faut pour mentionner une citation dont on n'a même pas pris la peine de vérifier qui en était l'auteur. Il n'est nullement Jean Jaurès, comme la propagande patronale veut le laisser croire, puisque cette citation a été reprise par Laurence Parisot et bien d'autres. Cette citation a été insérée dans le cours du texte d'une tribune de Jean Jaurès, intitulée "Les misères du patronat", avec quelques autres frauduleuses modifications (suppression pure et simple des passages qui dérangeaient, changements de termes, rajouts grossiers). Ce texte est consultable en ligne, sur le site de François Fillon, qui lui-même avait dans un premier temps publié la version falsifiée, avant qu'un professeur d'histoire le lui fasse remarquer et que ses services mettent finalement en ligne un fac-similé de l'article original, consultable ici:
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/22/12/54/francois-fillon.pdf
Le vide était effectivement incarné, en la personne de Ségolène Royal, mais il faut croire qu'elle a su faire des émules.
Merci Anonymous !
Rassure-toi, je ne suis pas du tout courageux.
Mais, soyons clair, la vérification de l'auteur de cette citation aurait nécessité bien plus de rigueur que de courage.
En tout cas, je ne savais pas que le patronat l'avais reprise à son compte. Pour moi, dans l'expression "classe dirigeante", il était question de la classe politique. Typiquement, je pensais au courage qu'il avait fallu avoir pour abolir la peine de mort, alors que l'opinion publique y était défavorable.
Quant au vide, c'est vrai qu'il m'a toujours attiré.
Mais, au fait, M. Anonymous, de qui donc est cette "frauduleuse modification" ?
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